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Art is - By Julien Mercier, Anna Tarassachvili On Strindberg Project

Strindberg Project

Art is

By Julien Mercier, Anna Tarassachvili

Une toile apprêtée, enduite uniformément sur toute sa surface d’une couche de peinture à l’huile blanche. Des dimensions somme toute modestes(70 x 100 cm) pour une œuvre qui affiche une insolente prétention. Il convient d’aborder la peinture de cet artiste romano-argentin sous l’angle de la matière, la mise à plat des éléments constitutifs d’une peinture constituant un des éléments essentiel de sa théorie picturale. Il faut voir là une option résolument conceptuelle prise par l’artiste, puisqu’il ne considère pas tellement la peinture sous l’angle de la couleur mais avant tout comme matière, son œuvre se situant dans une claire filiation avec Ryman(ses déclinaisons à l’infini sur le thème du carré blanc), Manzoni(les achromes) ou encore Pierre Soulages(son travail sur la matière, l‘épaisseur de la peinture.). Ici Chucalescu tend à mettre en lumière son statut autoproclamé d’ « animateur d’espace », de « modeleur de vide », optant ici pour une absence rigoureuse de composition, l’espace défini par la toile se posant comme espace prédéfini, se suffisant à lui-même en l’absence de motif figuratif ou même abstrait(l‘auteur posant là les bases d‘une remise en cause des fondements historiques des conventions en peinture.). A travers sa bien nommée Plénitude amnésique, l’artiste met en avant les propos enseignés par son maître, Stupalatchi, qui, alors que Chucalescu n’était encore que son disciple à l’école des beaux arts de Sofia dans les année cinquante, lui inculqua ses théories avant-gardistes qui doivent beaucoup au suprématisme de Malevitch qu’il résume en ces termes: « Il s’agît d’apprendre à ne pas peindre en peignant, de faire la couleur mais sans la couleur. ». Il marquait par là la dimension mystique de la matière picturale et sa foi dans la poursuite d’un idéal d’infini à travers ce médium, optant donc pour le spirituel, un peu à l’image d’un Yves Klein cherchant à faire entrer le spectateur dans la couleur, à la perdre dans sa contemplation. Mais Chucalescu, à la différence de Klein et des peintres du « Colorfield », entre autres, avec leur chef de file Barnett Newman mais aussi Clifford Still, Rothko et consorts, s’éloigne résolument d’une volonté de créer une peinture physique, qui vise à dépasser le champ de perception de l’humain. Non, sa toile est de faibles dimensions, encourageant plutôt l’effort intellectuel pour pénétrer la matière et la « non-couleur », considérant que l’artiste comme l’œuvre sont faits d’une intériorité comme d’une extériorité(dixit son autre grand maître, Choukanomalascu), appelant à un va-et-vient de la toile à son support jusqu’au mur sur lequel l’œuvre est placée. La portée de cette œuvre est, on le voit ici, non seulement de l’ordre du spirituel(aspect très aisément perceptible dans cette œuvre) mais aussi philosophique, l’artiste guidant le spectateur vers une réflexion sur sa place au sein du monde, sur l’« étant donné » de sa condition d’être humain au cœur de l’espace. Cependant le propos s’ouvre, peut-être jusqu’au paradoxe d’ailleurs, lorsque Chucalescu, par le biais de son titre évoque un état de conscience qui pourrait, d’un certain point de vue, ramener vers la narration, principe absolument négligé jusqu ’alors dans son œuvre abstraite. Cette même année de 1989 il avait également produit deux autres toiles qui prêtaient à équivoque; Breackfest sur l’herbe(une toile uniformément peinte d’un vert gazon où seuls deux points jaunes venaient créer une rupture dans la dynamique des couleurs) et Marseille-Monaco 1-0(un diptyque audacieusement placé dans l’angle de la salle d’exposition, le panneau de gauche venant suggérer par des motif rectangulaires répétés de couleur bleue la tribune marseillaise et son public si chaleureux, tandis que le panneau de droite, recouvert des mêmes motifs, cette fois en rouge, invitait le regardeur à imaginer les supporters monégasques). On pourrait alors hâtivement convenir pour Plénitude amnésique d’une parenté avec Alphonse Allais et sa célèbre Communoin de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige(1883) mais il faut plutôt tabler, à propos de ce titre, sur une volonté de Chucalescu de citer l’amnésie pour éveiller des associations à travers la fonction poétique du langage telle que décrite par le linguiste Jacobson, l’occasion pour l’artiste de citer à mots couverts Kandinsky ou même Magritte.
On voit bien se dégager, au travers de l’analyse rigoureuse de cette œuvre, la portée subtile du propos de Chucalescu, qui vise avant tout une compréhension de l’osmose qui existe entre les tubes de peinture et la toile, une osmose qui passe avant tout dans l’ « alchimie des corps » dont elle a besoin pour être harmonieusement relayée. Ainsi Juan Romano Chucalescu s’impose, à l’heure actuelle, comme le plus grand « destructureur d’intemporalité », salué unanimement par la critique.

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Published: October 23, 2010, 5:42 am